Le plaisir solo des filles

Interview de Sil, une jeune femme décontractée avec les idées claires

Thomasfromparis : bonjour, en deux mots, qui es-tu ?
S : J’ai 21 ans, je suis une étudiante en archéologie. Originaire d’une ville moyenne dans le centre de la France, je vis en Angleterre depuis plus d’un an. Loin de mon homme, qui est en France... J’aime beaucoup sortir mais je ne suis pas d’un naturel dragueur même si j’avoue m’être libérée depuis que j’habite à l’étranger.

Quelle place occupe pour toi la masturbation à l'heure actuelle ?
C’est une part importante de ma sexualité, qui m’évite la frustration en période de célibat et durant les périodes où je suis loin de mon homme. Dans ces moments là, je me caresse 2 ou 3 fois maximum par semaine. En période de célibat, c’est très variable. Ça peut être quotidien comme cela peut arriver à peine une fois par semaine. La masturbation est aussi un excellent moyen de relâcher la pression, c’est d’ailleurs dans cette optique de relaxation que je la pratique la plupart du temps.

À quel âge as-tu commencé, et comment ?

J’ai des souvenirs de masturbation aux alentours de 4 ans. Je me rappelle avoir vite découvert « l’orgasme » en me frottant dans le lit et en me touchant avec les doigts. Je ne savais pas comment cela s’appelait, j’appelle ca simplement « me tripoter », je crois. Ça faisait du bien et ca donnait chaud, je n’avais pas besoin d’en savoir plus !

Tous les enfants en bas âge se tripotent, mais je voulais parler de la masturbation en tant qu’acte sexuel conscient, dans le but de se donne du plaisir. Quand as tu commencé à pratiquer la chose sous cet angle ?
Mais il me semble avoir toujours été consciente de la connotation sexuelle de ce geste, où en tout cas, vers 6-7 ans, c’était associé dans mon esprit à l’amour et au plaisir à deux… Je me rappelle que je m’imaginais des amants, des amoureux… Vers 10- 11 ans, je commençais à imaginer des scénarios ; je crois que c’est est arrivé lorsque j’ai découvert les films érotiques (je venais d’avoir une petite télé noir et blanc dans ma chambre, et j’ai vite trouvé les diffusions du dimanche soir…. À cet âge là, j’ai commencé à me masturber plus souvent, plusieurs fois par semaine, et à me créer un imaginaire sexuel et des fantasmes… Le rythme est resté le même depuis, J’ai toujours eu une pratique de la masturbation régulière.
Paradoxalement, je me souviens que vers 6-7 ans, je ne le cachais pas. Je pensais que c’était normal, je le faisais souvent, dans le salon en pensant que j’étais seule par exemple. Face aux réactions de mes parents, frères et sœurs lorsqu’ils me surprenaient, j’ai appris  que le sujet était plutôt tabou pour la plupart des gens, et je me suis mieux tenue en société a partir de la !

Qu'a changé la découverte des rapports sexuels vis-à-vis de la masturbation ?
J’ai connu mes premiers préliminaires vers 17 ans, et ma « première fois » à 19 ans. Ça n’a pas changé grand-chose. Le rythme est resté le même.
J’ai juste appris à le faire devant certains partenaires : vu que je n’ai jamais encore atteint d’orgasme dit vaginal, quand la pression sexuelle était encore trop grande une fois que mon partenaire était satisfait, ça m’est arrivé de me caresser pour jouir et relâcher la tension sexuelle. Ça m’est arrivé aussi de me caresser devant mon partenaire pendant que lui se masturbait où que je lui faisais une fellation… Comme un jeu… Mais surtout parce qu’à ses débuts, mon ex partenaire avait du mal à jouir lors de l’acte, et qu’il avait besoin de se caresser lui-même pour y arriver. Avec mon partenaire actuel, il nous est arrivé de nous caresser par webcam interposée, histoire de jouer un peu de la distance.
J’ai élargi aussi mes pratiques à la pénétration lorsque je me caresse, ce que je ne faisais pas avant. J’utilise un godemiché, mais ce n’est pas systématique, à peine 2-3 fois par mois.
Mes pensées pendant la masturbation sont aussi devenues plus précises, avec beaucoup de souvenirs ou de fantasmes concrets sur les hommes que j’ai fréquentés et mon partenaire actuel.
Mais concernant la fréquence et l’approche de la masturbation, aucun véritable changement.

Quel rôle la masturbation joue-t-elle aujourd’hui dans ton couple ?
La masturbation fait partie pour moi de la sexualité d’un couple, et j’encourage plutôt mon partenaire à ne pas cacher qu’il se masturbe lorsqu’il est seul, où même à le faire devant moi si c’est dans le cadre de relations à deux (en revanche, je n’apprécierais pas qu’il se masturbe seul devant son film ou dans son coin alors que je suis a coté. Mais je ne suis pas contre le regarder si c’est dans le cadre d’un jeu sexuel ou d’un échange excitant).
J’attends aussi en contre partie qu’il accepte que moi aussi je me fasse plaisir quand je suis seule. J’en parle facilement, il y a donc une grande complicité a ce sujet avec mon partenaire.

Mais se masturber, c’est meilleur ou moins bon que faire l’amour ?
C’est quelque chose de différent. Je préfère faire l’amour, je préfère partager. La masturbation ne vise que le plaisir sexuel soulagé, ni plus ni moins. Dans un acte sexuel a deux je n’attends pas forcement un orgasme car je prends déjà beaucoup plus de plaisir pendant l’acte que pendant des caresses seules… peut être est-ce psychologique, mais en tout cas les sensations sont plus fortes avec mon partenaire, avec ou sans orgasmes.

Tu as l’air de vivre le fait de te masturber sans problème. Quelle a été ton éducation à ce sujet, et plus largement vis à vis de la sexualité ?
Je me sens parfois un peu ridicule après avoir joui, une fois la pression sexuelle retombée. Comme l’impression d’être un peu un animal… La frustration de ne pas le faire avec un partenaire réel peut être, je ne sais pas… Mais la plupart du temps je le vis bien, aucun problème.
Quand j’étais plus jeune, on n’en a jamais vraiment trop parlé à la maison, mais mes parents ne m’ont jamais mis la pression à ce sujet. Mon père m’avait donné quelques capotes quand j’étais ado pour que je voie comment c’est fait, et m’a acheté un livre sur la sexualité quand j’ai commencé à poser quelques questions et à avoir des copains, vers 15 ans. Il n’y avait pas vraiment de tabou la dessus, même si on n’en parlait pas spécialement. Je peux poser des questions sans soucis. Mes parents n’ont d’ailleurs rien objecté lorsque j’ai voulu commencer à prendre la pilule vers 16- 17ans au cas où je rencontrerais quelqu’un… je voulais être habituée à la contraception avant d’avoir un copain, je voulais être responsable avant de passer aux choses sérieuses.
Je pense aussi avoir construit un peu mes connaissances en sexualité via les histoires érotiques sur le net, puisque dans mon adolescence je lisais et écrivais des histoires érotiques sur internet, des fanfictions [des fictions basées sur les livres ou des univers pré existants] plus particulièrement. Rien de bien sérieux, mais j’aimais exprimer mes fantasmes romantiques sur le papier avec de jolis mots et j’aimais bien lire des histoires écrites avec talent. J’ai eu pas mal de critiques positives, bien qu’à l’époque mes connaissances étaient seulement théoriques ! Je n’écris plus depuis que je suis rentrée dans une vie sentimentale et sexuelle active. La réalité doit me suffire sans que j’ai besoin d’en parler sur le papier je suppose… et discuter de sexe concrètement sur comlive me plait aussi beaucoup… une évolution de mes besoins de parler de sexe je suppose !

Justement, est-ce que tu parles librement de la masturbation avec ton entourage ?
Je n’ai aucun problème pour en parler, que ca soit avec des amis proches, mon partenaire, ou qui que ca soit ouvert à ce genre de discussions, en soirée, avec des amis, sur comlive... J’ai toujours aimé en parler à partir du moment où la personne en face est réceptive et aime aussi en parler. Je pense que j’y ai pris gout dans mon adolescence avec une amie qui parlait beaucoup de sexe et me racontait ces expériences. Elle m’a permis de poser des questions et de découvrir la sexualité sans prises de tète, de façon très spontanée. La plupart de mes amis savent que j’ai un sextoy à la maison. J’en parle en riant mais cela ne me gène absolument pas.
La plupart du temps, les femmes en parlent peu entre elles où a quelqu’un d’autre, il me semble. Pas mal préfèrent garder ce jardin secret, même aux yeux de leur partenaire. Je connais seulement une amie ou deux qui aiment en parler, discuter sex toys, aller au sex shop entre copines…etc. Les femmes le pratique plus ouvertement qu’avant je pense, mais il y a toujours une volonté de garder ca secret… Mais finalement, rien de mal à la pudeur, même si moi, c’est le cadet de mes soucis !

Concrètement, comment aimes-tu te masturber ?

Je me masturbe toujours confortablement allongée dans mon lit, soit le matin pour me détendre avant de me lever, soit le soir pour pimenter un peu les rêves, dans le noir ou en plein jour peu importe, souvent a moitié nue, juste le nécessaire. Bref, j’aime bien me masturber dans le confort et la tranquillité. Techniquement, je suis allongée de tout mon long, et je caresse légèrement mon clitoris avec des mouvements circulaires avec l’index de la main droite. Je ne me pénètre que rarement, et uniquement avec un sex-toy, comme je l’ai déjà dit. Je n’aime pas me pénétrer avec mes doigts : je ne ressens aucun plaisir et je n’aime pas la sensation sur mes doigts en fait. Et je trouve la position inconfortable (quand c’est mon homme, ça va). Je me caresse plutôt tranquillement, rien de jamais très violent, même si le rythme est plus soutenu à l’approche de l’orgasme, bien sur.

Tu arrives facilement à l'orgasme en te masturbant ?

Oui, de façon systématique. Si je le fais de façon mécanique, dans le but de me relaxer, ça me prend à peine une minute. C’est souvent au réveil. Je n’ai pas vraiment l’impression d’être excitée ; je ressens juste le besoin d’avoir un orgasme pour chasser le nœud que j’ai parfois au ventre le matin avant de me lever. Mais peut être que mes rêves ont nourri ce besoin de me soulager… Dans ces cas là, je suis concentré sur mes sensations, et le plaisir vient de façon presque mécanique. Les orgasmes que j’obtiens comme ça sont moins forts ; il m’en faut souvent 2 ou 3 pour être totalement soulagée. Le tout ne prend pas plus  5 minutes au total. Oui oui, je sais, je suis rapide !
Lorsque je le fais pour relâcher une trop grande pression sexuelle– contrairement au cas précédent, qui correspond à une simple tension physique, qui n’a rien de sexuel – là, je prends mon temps, car je fais de mon mieux pour faire durer le plaisir. Cela peut durer 15 à 20 minutes, en convoquant mes fantasmes ou en regardant des vidéos érotiques. Dans ces cas là, surtout quand j’utilise mon sex-toy en même temps, mes orgasmes sont bien plus forts.

Tu parlais de ton sex-toy. Comment es tu découvert ce genre d’accessoires, et qu’en penses tu ?
Je trouve cela très bien. C’est un excellent moyen de découvrir son corps soi-même et d’être à l’aise dans sa sexualité. Ce n’est pas nécessaire mais parfois cela peut apporter un peu de piquant et de sensations à la masturbation classique. De la même façon je n’ai pas de problèmes avec les sex-toys masculins Si mon partenaire en utilise, ca ne me dérange absolument pas !
Concrètement, j’ai acheté un godemiché seulement l’an dernier quand je suis partie étudier à l’étranger loin de mon copain. C’était plus par curiosité que par envie. J’ai été l’acheter avec une amie rencontrée en stage avec qui on rigolait beaucoup à propos de ca, et elle s’y connaissait un peu… on a été dans un sex-shop et on a bien rigolé avec le vendeur qui m’a fait une réduction vu que je n’étais pas très motivée a payer cher pour un sex toy… j’ai pris un modèle de godemiché assez basique avec vibromasseur, de taille moyenne et avec une texture imitant la peau… pas un truc fluo gélifié, en somme !
Je l’utilise vraiment depuis à peine 5 mois, lorsque j’étais célibataire et dans une période de grande envie sexuelle. Hormis à cette période, je ne l’utilise que rarement, seulement devant des vidéos, en fait. C’est assez nouveau pour moi.

Quand tu te masturbes, à quoi tu penses ? Aimes-tu lire, regarder des vidéos ou autre chose pour t'exciter ?
Parfois, lorsqu’il s’agit de masturbation « détente », je ne pense a rien, c’est presque automatique. La jouissance vient sans autre excitation que la stimulation physique. Mon clitoris est assez sensible au réveil, donc cela ne prend pas longtemps pour jouir sans efforts.
Lorsque je prends mon temps, il m’arrive de penser à mon partenaire, à des souvenirs excitants, à des choses que l’on pourrait faire, des scénarios… Comme je le disais, il m’arrive aussi de regarder des vidéos, assez souvent à certaines périodes ou, sans vraie raison, mes envies sont beaucoup plus fortes. Ce sont généralement des vidéos pornographiques assez soft, avec une certaine mise en scène assez réaliste si possible. Je n’aime pas trop les scènes de sexe brutes ou deux personnes se sautent dessus sans qu’on sache pourquoi… Je n’aime pas les acteurs et actrices surfaits qui ne ressemblent qu’à des poupées ou à des adeptes de chirurgie esthétique. Bref, j’aime quand ça reste des gens normaux dans des contextes réalistes, qui peuvent nourrir mes propres fantasmes.

Tu es donc une consommatrice de pornographie sur le web ?

Oui j’aime beaucoup. J’ai découvert Youporn lors d’une conversation avec mon ex il y a un an a peu près. Je ne l’utilise que depuis 6 mois, quand j’étais célibataire. C’est facile d’accès, pas besoin de télécharger des Go de films pourris alors que je n’en ai envie que ponctuellement pour quelques minutes… et tout n’est pas toujours de mauvais goût, en cherchant bien on peut trouver des vidéos sympas, différentes. Les vidéos que je regarde alimentent ou correspondent a mes fantasmes. J’aime beaucoup entendre (pas voir ?) les hommes prendre leur pied et je peux assurer que ce genre de vidéos où l’on entend les hommes autant que les femmes sont dures a trouver ! J’aime aussi les vidéos avec une femme et de multiples partenaires. Un vieux fantasme… mais chut, c’est un secret ! Une des seules choses que je garde pour moi, je ne sais pas pourquoi.
Enfin bref, je suis un peu comme les mecs sur ce plan : vive le porno gratuit !

Tu l'as déjà fait dans des situations un peu inhabituelles ?
Dans des stages de fouilles de longues durée ou l’on vivait dans des dortoirs communs, il m’est arrivé de me masturber dans les toilettes quelques fois pour décompresser… rien d’excitant la dedans, plutôt une soupape physique bien sympathique ! Il m’est aussi arrivé, comme je le disais auparavant, de me masturber devant quelqu’un, que cela soit mes partenaires dans la vraie vie, ou par webcam… mais plutôt rarement finalement.

Au fait, quel est ton terme préféré pour parler de la masturbation ?
Masturbation. Caresses. Bref, droit au but ! Me branler, je trouve l’expression vulgaire, même pour les hommes. Même si c’est vrai que j’associe cette expression aux geste de va et viens qu’ils font en se masturbant.

Allez, pour finir, je ne résiste pas : la dernière fois que tu l’as fait, c’était quand, et c’était comment ?
Le week-end dernier, devant mon homme sur internet, avec dessous sexys, sex toy et tout le tralala… c’était la première fois que l’on essayait les « cam hot », et c’était assez sympa, même si c’était un peu gênant au moment de l’orgasme ! Mais on ressaiera, pas de soucis ! Sinon, la dernière fois totalement seule, ça doit remonter à une semaine… Je vois mon homme dans une semaine, donc l’envie est canalisée vers lui et l’optique de nos retrouvailles… ca promet !

Propos recueillis par Thomasfromparis

1 Commentaire 24.9.09 20:11, Commenter

Les affaires reprennent ?

Salut,

Après de longs mois de pause, j'ai comme envie de reprendre les interviews... Des candidates ?

1 Commentaire 15.9.09 00:23, Commenter

Interview : Petite Brune

Aujourd’hui, le portrait de Petite Brune, une parisienne plutôt branchée sm qui assume à peu près tout dans la vie, y compris de se faire plaisir toute seule. Petitebrune a 28 ans. Originaire du Sud, elle vit seule à Paris. Elle exerce une profession libérale. Vis à vis des hommes, on peut dire qu’elle drague plus qu’on ne la drague.

Thomasfromparis : quelle place occupe pour toi la masturbation à l’heure actuelle ?
Petitebrune : depuis 3 ans, je me masturbe en gros 5 fois par semaine. Parce que c’est bon, et puis c’est un peu comme une drogue. L’orgasme, l’extase ressentie, c’est comme le shoot d’une drogue parfois…la sensation de satisfaction de béatitude éphémère.
En fait, l’apprentissage et l’expérience jouent. Je ne me masturbe plus comme je le faisais au début ! j’apprécie de varier les plaisirs…je connais mieux mon corps maintenant, ce qui me plait .

Thomasfromparis : tu veux dire que tu le faisais moins souvent auparavant ?
Petitebrune : oui. Au tout début de l’apprentissage de cette jolie activité, je ne me caressais qu’une fois par mois, environ. Je n’avais pas d’aussi bonnes sensations qu’aujourd’hui, et je ressentais un peu de culpabilité, sans doute de vieux reste de mon éducation catho.
Ensuite, j’ai augmenté progressivement la fréquence. La culpabilité s’envolait, et j’avais envie d’expérimenter plus ces nouvelle sensations.
Je ne suis jamais resté plus d’une semaine sans me caresser. Je sais, ça fait court !

Thomasfromparis : voyons ça plus en détail. Tu as commencé à quel âge ?
Petitebrune : vers 12 ans, mon cousin, de 2 ans plus âgé, m’avait demandé si j’avais déjà entendu les grandes du collège dire qu’elles s’étaient mis des doigts… Je comprenais pas de quoi il parlait, alors il m’a expliqué (avec des mots, hein !). Ça m’a intrigué, et une ou deux semaines après cette petite information, alors que j’étais aux toilettes, j’ai mis un doigt dans mon sexe, pour voir…
C’était très clinique, j’étais très concentrée sur les sensations de ma chair à l’intérieur. C’était comme faire une carte géographique de l’intérieur de mon sexe, avec les plis et les replis. J’étais perplexe : je n’ai éprouvé absolument aucun plaisir ! Rien que l’impression d’avoir fait un truc « interdit » (Pourtant, avant que mon cousin m’en parle, je n’avais aucune idée de ce qu’étais la masturbation, mais je savais que c’était forcément un « terrain sensible » si je peux dire, puisque ça touchait au sexe).

Thomasfromparis : quand as tu alors vraiment commencé à prendre du plaisir et à le faire plus régulièrement ?
Petitebrune : après ce premier essai, Il s’est écoulé deux trois mois avant que je tente à nouveau. Je suis d’un naturel curieux et je savais bien que « normalement » la masturbation donne du plaisir ; je voulais y goûter ! Je ne me rappelle pas cette deuxième fois, mais au fur et à mesure des tentatives, ça a été de mieux en mieux. J’avais saisi que simplement frotter mon clito marchait déjà bien, et c’est ainsi que j’ai eu mon premier orgasme. Je me souviens que quand j’ai commencé à me masturber, juste après l’orgasme, je filais à la salle de bains pour voir la tête que j’avais, pour « voir si ça se voyait » sur mon visage !

Thomasfromparis : qu’ont changé tes premiers rapports sexuels, puis l’entrée dans une vie sexuelle régulière, vis-à-vis de la masturbation, pour toi ?
Petitebrune : J’ai eu ma première relation suivie à 15 ans. Ça a duré huit mois. On a découvert nos corps et nos sexes avec forcément beaucoup de jeux autour de la masturbation. À 16 ans, j’ai eu mon premier rapport sexuel, je me souvient surtout qu’il me parlait doucement pendant que je me caressait. Après ce passage à l’acte, je me suis plus masturbée qu’avant, car j’avais beaucoup plus de confiance en moi.

Thomasfromparis : aujourd’hui, avoir un partenaire ou non influe-t-il sur ta pratique de la masturbation ?
Petitebrune : La masturbation est un plaisir à part entière, différent de l’amour avec un homme. C’est plus simple quand j’ai envie de jouir. Mais effectivement, quand j’ai un amant régulier, surtout s’il me comble pas mal – c’est le cas en ce moment – je me masturbe beaucoup moins que quand je suis célibataire (4 fois par semaine contre une fois par jour environ). Disons qu’aujourd’hui, je me masturbe à peu près autant que je ne fais l’amour. Forcement, quand je suis célibataire, je me masturbe dès que j’ai des envies de sexe et pas d’homme sous la main ou que je n’ai pas spécialement envie spécialement d’un homme, juste de me faire du bien.

Thomasfromparis : quel rôle cela joue-t-il dans tes relations de couple ?
Petitebrune : Si le mec avec qui je suis aime ça – un de mes ex adorait me voir ou savoir que je me caressais, ça le rendait dingue ! Ça serait pas la même chose pour toi ? – je le fais sans souci, et j’ai tendance à ne pas cacher mes activités solitaires, même plutôt à le dire ouvertement, ça l’excite et ça le provoque, et ça me plaît. J’aime bien qu’il me regarde faire… par contre, la réciproque n’est pas vraie. Et puis j’adore quand c’est lui qui me branle, ses mains valent bien les miennes !

Thomasfromparis : finalement, tu vis bien le fait de te masturber ?
Petitebrune : Oui. Parfois, c’est un besoin, pour évacuer une pression une tension sexuelle, parfois une envie perso, un plaisir égoïste, mais je suis toujours très satisfaite quand je le fais. Depuis mes 16-17 ans et le début de ma vie sexuelle (avec un garçon), le sexe est devenu à mes yeux une belle chose via l’amour, et j’assume tout ce qui touche au sexe, dont le fait de me masturber. Si, dans une discussion, on me pose la question « est-ce que tu te masturbes ? », je réponds oui !

Thomasfromparis : oui, sur le net, par exemple. Mais en vrai, tu abordes ce sujet sans problème ?
Petitebrune : Oui, j’en ai déjà discuté avec à pleins de gens, en fait avec la majorité mes amies et amis.
Après avoir essayé, les premières fois, j’ai dit à ma meilleure copine que je m’étais caressée le sexe et mis un doigt. Elle était gênée. Aujourd’hui, je parle souvent de cul dans des soirées entre potes, c’est un de mes sujets préférés. Les gens ne sont pas forcement choqués, mais pas vraiment habitués à entendre crûment qu’une fille se masturbe. Ils ne parlent pas aussi librement que moi, à quelques exceptions près…Parmi mes meilleures amies, une seule m’a dit franchement qu’elle aussi se masturbait ! Pourtant, je pense que 9 filles sur 10 se masturbent, ou sinon elles mentent. Les filles sont plus retenues que les hommes pour en parler. Ce n’est que qu’à partir d’un certain age, vers 20 – 22 ans, lorsqu’elles s’assument mieux physiquement et vivent mieux leur sexualité, qu’elles commencent à en parler plus librement.

Thomasfromparis : revenons à toi. Concrètement, comment aimes tu te masturber ?
Petitebrune : Classiquement, je crois : avec le majeur et l’index de la main gauche. Ça paraît bizarre, vu que je suis droitière… C’est peut être parce que avant, je portais une montre au poignet droit, ça blesse et ça irrite vite ce genre de choses ? Enfin peu importe, je frotte mon clitoris, avec des petits mouvements circulaires plutôt légers. Mais bon, il faut varier rythme et effets, commencer tout doux et accélérer, et recalmer le jeu suivant que je veux jouir rapidement ou non. Tout est une histoire d’équilibre !
La plupart du temps, je ne me doigte pas, sauf quand j’ai vraiment une grosse envie. Je me pénètre alors avec le majeur et l’annulaire, toujours de la main gauche, mon poignet frottant sur mon clito. De temps à autres, j’utilise mon vibro à la place de mes doigts, c’est la solution de facilité. Le vibro procure des sensations « physiques » alors que quand je me masturbe avec les doigts, c’est plus cérébral, l’imagination et les fantasmes rentrent plus en jeu.
Par contre, autant je suis obsédée par le cul, la sodomie, autant quand je me caresse, je n’aime pas ça. J’ai déjà essayé mais je préfère nettement l’action d’un homme à ce niveau là !

Thomasfromparis : tu te caresses plutôt nonchalamment, ou plutôt vigoureusement ?
Petitebrune : ça dépend de l’ambiance, de mes pensées et surtout de mon excitation à ce moment là… En général, je commence doucement, puis je vais crescendo. Des fois, je finis en me branlant le plus rapidement possible, d’autres, je laisse la vague pendre son temps pour monter, monter, monter… et me terrasser en douceur.
Grosso modo, je met environ 7-8 minutes pour me faire jouir, sans me presser. Mais quand je suis super excitée, un coup de vibro posé sur mon clito et hop la boum, j’explose en moins de 30 secondes !

Thomasfromparis : tu arrives facilement à l’orgasme en te masturbant ?
Petitebrune : comme je disais, si on veut un orgasme, c’est plus simple de se masturber que de faire l’amour… De mémoire, il m’est arrivé une seule fois de ne pas aller jusqu’au bout en me masturbant ces trois dernières années. J’étais dégoûtée quand j’ai compris que ça ne viendrait pas !
Il m’arrive même souvent d’avoir plusieurs orgasmes à la suite quand je me masturbe, maximum quatre ou cinq. Je fais une petite pause entre chaque, car c’est trop sensible pour être excitant de nouveau tout de suite. Mon « record », c’est six masturbations dans la même journée. J’avais 19 ou 20 ans, un jour je m’ennuyais et j’ai voulu voir, un peu comme une scientifique, combien d’orgasmes je pouvais atteindre. Ça ne m’est plus jamais arrivé

Thomasfromparis : tu te caresses dans quelles dispositions ?
Petitebrune : euh, c’est suivant l’envie, peu importe le moment et les conditions (je ne le fais pas uniquement dans le noir, sous la couette !) Ceci dit, j’ai une petite préférence pour le matin, au réveil, dans mon lit ou des fois sous la douche (je préfère de loin me masturber dans un bon bain, mais comme je n’ai pas de baignoire, c’est mort !). Quand je ne bosse pas, ça peut être n’importe quand, ça dépend vraiment de mon humeur. Et bien sûr le soir avant de m’endormir…si je suis seule !
Quand ça me prend, je ne me désape pas forcément, je fais avec la tenue que je porte à ce moment là, j’ouvre mon pantalon et je glisse ma main dans ma culotte ! Je ne le fait pas systématiquement nue, en tout cas.
Ma position préférée, c’est d’être allongée sur le ventre, sur mon lit, ma main passée par en dessous…Mais j’aime aussi n’importe quelle position, allongée sous la couette, assise sur mon lit, ou devant mon bureau, à quatre pattes, dans mon bain…Ou être devant un homme, dans un lit autre que le mien !

Thomasfromparis : tu l’as déjà fait dans des situations un peu inhabituelles ?
Petitebrune : une fois à mon taf il y a quelques années, je m’emmerdais et je surfais sur des site de cul. Ça m’a excité, et comme je savais que je serais pas dérangée, je me suis fait un petit extra. J’ai fermé à clé, je me suis affalée sur ma chaise de bureau, la main dans mon fut, j’ai lu un texte très chaud sur le net en me caressant, comme ça, jusqu’à l’orgasme.Sinon, il y a 3 ou 4 mois, au ciné je regardais un film allemand dont l’acteur principal était canon (quel film ?), j’ai eu envie, il n’y avait personne sur ma rangée, alors j’ai mis mon manteau sur mes genoux, défait les boutons de mon jean, glissé ma main et je me suis caressée. Personne n’est venu me dire que je faisais trop de bruit ! Je sais être très discrète sur ce point là suivant les circonstances !
Je me suis aussi masturbée dans la chambre de ma meilleure amie où je vais souvent squatter, je me sens super bien dans sa piaule, il y a de bonnes ondes, je n’ai aucun problème à m’y faire du bien. Il y à peu près un an, on faisait une sieste, je me suis réveillée d’un super rêve érotique inachevé, du coup, je me suis finie éveillée pendant qu’elle dormait Ça a du m’arriver deux ou trois fois, peut-être. Quand je retourne chez mes parents, en week end, ça m’arrive de me caresser de nouveau dans la chambre ou je le faisais jusqu’à 17 ans ! Une fois, aussi, je me suis caressée à côté d’un mec endormi, au petit matin, j’avais envie d’un plaisir solitaire au réveil, et puis ça m’excitait de savoir qu’il pouvait se réveiller et voir ce que je faisais !

Thomasfromparis : avec tout ça, tu as du avoir des surprises…
Petitebrune : Dans les deux sens… Une fois, mon frère – 4 ans de plus que moi – m’a surprise en train de me faire plaisir dans ma chambre. Je me caressais sur mon lit quand je l’entends monter les escaliers quatre à quatre et avant de pouvoir réagir, il ouvre grand la porte sans frapper et paf : moi, vautrée sur le ventre la main dans le pantalon, jambes grandes ouvertes, les joues rouges, l’œil fou…bref, au bord de l’orgasme. Ça m’a coupé, j’ai piqué un gros fard, mais bon, je ne me suis sentie conne que quelques secondes, mais bon, c’est la vie, on va pas en faire une affaire d’état. Lui, il a fait comme si de rien n’était, mi-gêné mi-amusé.
Réciproquement, je l’ai surpris une fois en train de se branler. Enfin…à vrai dire, j’ai entendu sa respiration, et des petits bruits caractéristiques d’un va-et-vient sur un sexe dur…J’étais un peu gênée.

Thomasfromparis : tu me parlais tout à l’heure d’un vibro…
Petitebrune : j’ai deux vibros et un gode.J’ai acheté le premier vibro avec un pote dans un sex shop il y a deux ans, le gode avec ma meilleure amie il y a six mois, et le dernier vibro est un cadeau récent.
C’est vraiment très agréable, ces joujoux ! Le vibro, tu le poses sur ton clito et ça peut aller très vite, car les vibrations se diffusent et provoquent des sensations que tu ne peux ressentir avec tes doigts. Rapide et efficace. Le gode, c’est plus un bonus physique, être pénétrée et se caresser le clito en même temps, c’est TRES bon !

Thomasfromparis : quand tu te masturbes, à quoi tu penses ? Aimes tu lire, regarder des vidéos ou autre chose pour t’exciter ?
Petitebrune : Mon grand fantasme, c’est la soumission, ça tourne essentiellement autour de la fessée et des choses plus SM. Du coup, j’aime bien me caresser en lisant des textes de cul plutôt axés SM, genre Anne Rice ou Vanessa Duries. Le porno, par contre, bof. Je n’ai jamais vu un fil : X « classique » en entier. Les seuls que j’ai vus sont d’une artiste underground, Maria Beatty, du sm lesbien, tres excitant (the black glove, the elegant spanking, ladies of the night..). L’un des films m’a beaucoup plu : deux femmes vampires attrapent une écoliere et la torturent gentiment, douleur et plaisir s’entremêlent…

Thomasfromparis : Plus précisément, comment le Net a-t-il changé ta pratique de la masturbation ? Es-tu une consommatrice de pornographie sur la Toile ?
Petitebrune : les photos et vidéos, c’est pas du tout mon truc. Par contre, je suis une grande lectrice de texte sm. Je vais sur de sites comme Sensation sm, Jeune soumise, Fesses rouges ou Rêves de femmes. Quand je n’avais pas encore le net chez moi, je copiais les textes en word pour les lire tranquille ensuite à la maison. Par période, je chatte aussi sur des forums sm.

Thomasfromparis : Pour finir, quel est ton terme préféré pour parler de la masturbation ?
Petitebrune : me faire ou me donner du plaisir, me caresser. Mais je ne déteste aucun terme.en matière de sexe, chacun dit ce qu’il veut !

Thomasfromparis : Merci pour ce témoignage ! Au fait, tu en as pensé quoi ?
Petite brune : c’est du boulot ! Si j’avais su, j’aurais pris plus de notes lors de mes masturbations passées !

N’hésitez pas à faire un tour sur le
blog de la PetiteBrune !

8 Commentaires 13.6.06 10:18, Commenter

Interviewé par Maïa, top la classe

Aujourd'hui, on peut lire sur le site Sexe, love 'n gaudriole , mené d'une main de maitresse par Maïa mazaurette, mon interview à propos de ce blog. La miss me rendrait presque sympathique ! Et son site vaut le coup d'oeil...

Fou d'elles... seules

Ceux qui lisent les commentaires le connaissent : thomasfromparis, c'est à la fois monsieur-sciences et celui qui trouve les réponses aux colles d'Anne Archet. Mais à part ça? Il a un blog consacré au plaisir solo des filles, dans lequel il décortique les masturbations d'inconnues (ce sont elles, sur les photos). Il nous raconte pourquoi, comment, ici, maintenant.
voici ce que ça donne :

- Lol thomas, asv ?
- Un homme, bien sur, parisien évidemment, journaliste, et du même âge que toi (non ? enfin 28 quoi).

- Tu... tu oses me vieillir ? Vengeance ! Donc, faut-il avoir une petite bite pour être obsédé par la masturbation féminine ? Je veux dire, es-tu un mauvais coup ? Un puceau ? Un pervers sexuel monomaniaque ?
- Je n'ai pas spécialement une grosse bite. Ceci dit, ça n'a rien à voir, non ? Puceau : non plus, je suis même en couple depuis plusieurs années. Un mauvais coup, c'est pas à moi de le dire, mais on m'a déjà dit que je pouvais mourir heureux, j'aurais au moins fait jouir une femme. Ne reste que le pervers sexuel monomaniaque, et malheureusement, j'ai de plus en plus tendance à le croire (mais rassurez-vous, je n'oblige pas ma copine à se branler pendant des heures et à me raconter tout par écrit). Ha oui, je suis curieux, aussi.

- Est-ce que les filles vont croire ce qu'elles viennent de lire ?
- Bien sûr. J'ai une gueule d'ange, on me donnerait le bon dieu sans confession.

- Apparemment tu es depuis longtemps passionné par le plaisir solo : es-tu tombé tout petit dans la masturbation ?
- Bonne question. Je cherche, je cherche, mais je ne vois pas quand tout cela a commencé. Vers 13 ans c'était déjà là, j'en parlais au dernier rang avec les plus belles filles de la classe. On pourrait esquisser plusieurs explications : un profil d'intellectuel, plus porté sur l'imagination et la réflexion que l'action, colle assez bien avec la masturbation féminine, pratique sexuelle liée au fantasme par excellence. Notes aussi qu'il traînait pas mal de littérature érotique chez mes parents. Ensuite, il y a mon adolescence... Si j'osais m'autopsychanalyser, je dirais qu'entrer dans l'intimité des femmes est une forme de possession sexuelle symbolique qui se substitue à tous les flirts qui m'ont fait défaut. D'un autre côté, vu que j'ai une vie sexuelle active depuis pas mal d'années maintenant, ça aurait du compenser, or ce n'est pas le cas. Autre piste, le côté tabou de la masturbation féminine : plus c'est interdit et secret, plus on a envie d'aller y voir...

- Maintenant que tu sais tout sur la masturbation féminine, songes-tu à changer de sexe ?
- Tu veux dire que je voudrais moi aussi des orgasmes multiples ? Oui, mais je me dis depuis longtemps que nous autres hommes sommes bien mal lotis...(si tu veux mon avis, cette flagrante injustice justifie à elle seule que les femmes soient moins bien payées. Non mais.)

- Elle en dit quoi, ta copine ?
- Haha. Joker. Non, en fait, si elle lit ça, elle se tue. Ou elle me tue. Elle a su à une époque, mais elle croit que tout ça est fini. Seulement, ça fait partie de moi.

- Tu es très directif dans ta manière d'interviewer tes "cobayes", as-tu un message à faire passer ?
- Ha bon ? je n'avais pas l'impression d'être directif, désolé. En fait, je pars d'un questionnaire assez général qui aborde tous les aspects de la question... au lecteur de se faire une idée. Moi, je ne fais que creuser dans telle ou telle direction, en fonction de mon humeur, de ce qui m'intéresse, de ce qui paraît important aux yeux de la fille, voire de ce qui l'excite.

- Est-ce que tu penses que répondre à tes questions peut exciter les filles ?
- Bien sûr que ça les excite. Pas toutes, sans doute, et pas forcément sur le coup. Mais pour beaucoup, ça a changé leur façon de voir la masturbation, elles l'ont mieux assumé ou ont exploré des nouvelles sensations. J'avoue que ça me plaît.

- Tu ressens quoi à la lecture de ces échanges ?
- Pour être franc, parfois, de la lassitude. C'est du boulot ! Mais j'ai un certain plaisir professionnel à mener les interviews (pas seulement, en fait, c'est aussi un sentiment un peu pervers de mener ces filles par le bout du nez pour qu'elles me disent tout ce qu'elles voulaient me cacher) .

- Est-ce que tu te masturbes en lisant les récits de masturbation ?
- Aussi dingue que ça puisse paraître, non. En fait, je fais ça sérieusement. Je cherche à produire une bonne représentation au sens sociologique de la masturbation féminine en France au 21e siècle (oui, je sais que c'est illusoire). Mais, pour être totalement honnête, je cherche aussi à pénétrer l'intimité du plus grand nombre de femmes possibles... et de l'excitation.

- Est-ce que tu raconteras un jour tes propres masturbations ?
- Non, voyons. Ça ne m'intéresse pas, et, à vrai dire, entre ma copine et mon boulot, je n'ai plus trop le temps de me branler. Par contre, si tu veux me raconter les tiennes, je suis preneur.

- No way Mais les lectrices ont sans doute compris le message... Vous avez envie d'aider Thomas à assouvir sa soif de connaissances ? Facile, voici son mail.

9 Commentaires 2.6.06 14:13, Commenter

Témoignage de Roxy

Voici l'interview complet de Roxyblum, dont vous pouvez visiter le blog ici ...


Roxy a 28 ans. Elle vit dans une grande ville, avec le père de son fils, bien que son couple soit en stand by. Une sorte de « colocation pleine de tendresse» depuis un an, selon ses propres mots, mais dépourvue de sexe.
Petite ronde qui s’assume, elle est charmeuse avec les hommes, mais sans avoir l’air d’y toucher.


Thomasfromparis : quelle est ta pratique de la masturbation à l’heure actuelle ?
Roxy : Je me caresse assez régulièrement, plusieurs fois par semaine, et…

Thomasfromparis : ….attends, c’est un peu vague ! Tu ne veux pas préciser ?
Roxy : je n’aime pas chiffrer ce genre de choses ! Cela fait un peu trop mécanique, alors que je considère ma masturbation comme quelque chose de sensuel, loin d’être mathématique.

Thomasfromparis: mais quand même, j’ai besoin de receuilllir des faits précis, sinon, on retombe dans le discours flou sur la masturbation comme il en traîne un peu partout sur le net.
Roxy : bon, si tu veux on peut dire que je me caressse en moyenne quatre fois par semaine. Mais ce n’est qu’une vague estimation, ça dépend des périodes. Bref. Je crois que c'est en ce moment que je le fais le plus souvent, car je me suis rendue compte que cela avait une vraie influence sur ma vie sexuelle avec un partenaire. J'arrive plus facilement à avoir des orgasmes, je sais comment les atteindre, les provoquer.

Thomas : tu dis que c’était moins fréquent avant. Quand as-tu commencé à te masturber, et comment cela a-t-il a évolué avec l’âge ?
Roxy : C’est difficile à dire. J'ai découvert la masturbation deux fois en quelque sorte... Je m'explique : la première fois, c’était en me frottant contre mon partenaire quand j'avais 16 ans. C’était mon premier partenaire sexuel, j'avais déjà un peu exploré les choses avant, mais c'est avec lui que je « l'ai fait ». Assise sur lui lors de discussions intimes, je me suis vite rendu compte que dans cette position, en me frottant, j'éprouvais beaucoup de plaisir... Ça a été mes premiers orgasmes et à vrai dire je n'en ai eu que comme ça avec lui, certainement par manque d'expérience des deux côtés (je ne pense pas qu’il se rendait excatement compte de ce qui se passait, mais cela lui procurait aussi beaucoup de plaisir). J’ai « redécouvert » la masturbation seule, trois ans plus tard... J’étais dans une période de frustration sexuelle, mais j’avais aussi envie de découvrir mon corps, de retrouver cette sensation découverte quelques années plus tôt. Il faut dire que j’avais eu du plaisir avec d’autres partenaires, mais pas de réel orgasme. Petit à petit, en recommençant, j’ai mieux compris mon plaisir, et par conséquent, commencé à mieux le gérer. Je n’ai pas retrouvé le plaisir que j’avais connu tout de suite, mais l'envie,et la curiosité m’ont fait persevérer, régulièrement mais de façon assez espacée. A cette époque, j'éprouvais une grande honte à me caresser seule, certainement parce que ces caresses étaient surtout le résultat d'une frustration. En fait, au départ, je ne retrouvais pas vraiment ce plaisir seule. J’ai commencé à le ressentir seule lorsque j’ai eu un partenaire qui m’a redonné des orgasmes. Mais ma démarche re recherche solitaire était volontaire.

Thomasfromparis : et maintenant, tu as encore honte ?
Roxy : Maintenant j'assume très bien. Je suis très satisfaite et je n'en tire que des bénéfices. J'aime la liberté que cela m'a offert. Lorsque je suis avec un homme, je n'attends plus qu'il me fasse jouir, je le guide vers ma jouissance. Et puis aujourd’hui, ce n’est plus un besoin, mais vraiment par plaisir, quand j’en ai envie. D’ailleurs, je me masturbe même lorsque j'ai un partenaire qui me comble. Ça a été progressif, mais la maturité m’a apporté une certaine liberté sexuelle.

Thomasfromparis : tu revendiques presque le fait de te masturber, alors ?
Roxy : non. Je sais que c’est un plus, mais je ne le défends pas. Devant les yeux exorbitées de mes amies, je ne revendique pas ma pratique... C'est comme dans ma sexualité, je suis très ouverte, je n'en ai pas honte, j'aime cette liberté et cette légereté que j'ai vis à vis du sexe, mais cela m'appartient, c'est personnel. On ne peut pas revendiquer ce genre de choses, ça ne regarde que soi.

Thomasfromparis : tu dis que tes amies avaient « des yeux exhorbités » quand tu leur en as parlé. En as tu discuté avec beaucoup de personnes ? Et quel rapport penses tu que les femmes ont à la masturbation ?
Roxy : quand j’étais plus jeune, je n'en parlais à personne, j’avais trop honte. Mais même aujourd’ hui, je n’aborde presque jamais le sujet. Quelques allusions lors de conversations entre filles m'ont fait comprendre que très peu de mes amies s'accordent ce genre de petit plaisir... Par exemple, une amie me racontait que sa vie sexuelle était quasi inexistante depuis bien longtemps. Elle ne savait pas à quand remontait son dernier orgasme... Je lui ai demandé « avec un homme » et, toute génée, elle m’a répondu « quoi d’autre, je ne fais pas ça, moi »! Le sujet était clos. Elle a rajouté ensuite qu’elle n’était même pas certaine que ce qu’elle avait ressenti avant était bien des orgasmes... Je n’ai pas osé lui dire que si elle se posait cette question c’est qu’elle n’avait jamais joui, et encore moins que si elle se masturbait cela pourrait l’aider.
Ceci étant, je n'ai aucune certitude. Peut être que la moitié des filles se caressent ? Il me semble en tout cas que ça doit être moins répandu que la masturbation maculine, que l’on justifie par un besoin biologique, tandis qu’on culpabilise la femme de le faire par simple plaisir. Les méfaits de la religion dans la conscience populaire ! Le sujet est certes plus médiatisé, et la religion a aussi moins d’influence qu’avant, si bien qu’il est possible que les filles en parlent plus librement que par le passé. Mais de là à savoir si elles le font plus… ça dépend du discours des parents (de la mère surtout). En tout cas, j’imagine que ce sont vers la trentaine que les femmes le font le plus. À cet âge là, on est plus libre, détachée des tabous.

Thomas : revenons à ton histoire personelle. Vers 20 ans, tu te masturbais de temps en temps, et aujourd’hui, très régulièrement. Que s’est-il passé entre temps ?
Roxy : comme je le disais, je mets cela sur le compte d’une plus grande maturité. J’ai eu une vraie réflexion sur le sujet, j’ai appris à chasser la honte, et à avoir confiance en moi. Et puis mon épanouissement sexuel m’a permis de consolider cette confiance. On pourrait presque dire d’une certaine manière que c’est un acte murement réfléchi que de me masturber !
Pour être plus précise, c’est après avoir débuté ma vie sexuelle régulière, à 16 ans, que je suis devenue progressivement plus active. Ça a varié selon les périodes. Après mon accouchement par exemple je n'ai ressenti aucun besoin de le faire pendant des mois, alors que je me suis beaucoup masturbée étant enceinte (mon partenaire ne me désirait pas pendant cette période, et en plus mon désir était décuplé !). Et puis j’ai des périodes d’abstinence, certainement les moments où je suis tellement prise par ce que je fais que je ne pense même plus à ce plaisir. Mais ça ne dure jamais très longtemps !
En tout cas, même dans mes périodes intenses, Je ne me masturbe jamais plus d'une fois par jour (à part quand je l'ai fait seule et que je le refais plus tard devant mon partenaire).

Thomas ; justement, qu’en pense ton partenaire, et comment la masturbation s’inscrit-t-elle dans ta sexualité de couple ?
Roxy : Il sait que je me masturbe, on en a parlé, mais on n’a jamais développé. Je ne donne pas de détail sur «mes » moments, c’est mon jardin secret. Mais à la réflexion, cela ne me dérangerait pas, d'ailleurs je vais lui faire lire cette interview ! De toute façon, je pense qu’il le fait de son côté, dans son intimité, comme moi. Ceci dit, j’aime le regarder faire ou qu’il me regarde, ou qu’il me caresse et réciproquement.

Thomas : et qu’est ce qui est meilleur ?
Roxy : En ce moment, je me caresse plus souvent que je ne fais l’amour, mais ça ne veut rien dire. C'est un plaisir à part entière et un stimulant. Mais c’est meilleur avec un homme, sa présence change tout.

(publication de cette première partie)

Thomas : concrétement, comme tu te masturbes ?
Roxy : classiquement, en me caressant le clitoris de haut en bas avec l’index et le majeur. Vite ou doucement, fort ou léger, c’est selon l’humeur. En général j'aime faire aller et venir mon sexe le long de mes doigts en bougeant mes hanches, ou contre mon vibro (beaucoup trop buyant !), plutôt que l'inverse. Je trouve cela excitant. Parfois, je me pénètre. Pour le reste je laisse le soin de développer à mes partenaires.

Thomas : encore cette pudeur… Question bête : c’est bon ?
Roxy : Oui, bien sûr ! Je vais toujours jusqu’à l’orgasme. Et si je sais rester silencieuse au début, je n’arrive absolument pas à contrôler mes gémissements quand l’orgasme approche, et, de toute façon, je n’ai surtout pas envie de contrôler ! Il m’est même arrivé récemment d’avoir deux orgasmes coup sur coup… La connaissance de son corps entraine aussi l’apparition d’orgasmes multiples !

Thomas : tu te caresses plutôt dans quelles dispositions ?
Roxy : C’est à n’importe quel moment de la journée, peu importe, quand j’en ai la possibilité et l’envie. L’envie me vient en général de souvenirs ou de n’importe quelle stimulation, mais je ne la provoque pas, elle vient toute seule. Si je peux me masturber à ce moment là, je le fais, sinon tant pis (c’est l’avantage, avec la masturbation, il n’y a pas de frustration, c’est juste un plus). La plupart du temps, je suis en nuisette, sans sous-vêtements (je dors comme ça), et je m’allonge sur le dos dans mon lit, jambes écartées
J’aime aussi le faire dans le fauteuil du salon, les jambes écartées sur les accoudoirs, mais quand je suis accompagnée ! Cela m’est déjà arrivé seule, mais je dois avouer que je n’y ai pas pris un grand plaisir. Ma masturbation seule est très simple, en fait.


Thomasfromparis : tu ne l’as jamais fait dans des endroits disons… plus inhabituels ?
Roxy : non, je ne l’ai jamais fait dans un lieu public ou même chez moi dans des situations plus incongrues. Je réserve toute mon imagination pour mes relations avec mes partenaires. Il m’est juste arrivé quelques fois de le faire alors que mon partenaire vacquait à ses coccupations dans une pièce voisine. J’étais dans la chambre, je laisais, et puis l’envie est montée, et parfois j’y cède. Alors je me suis caresséeJe n'avais pas pas forcément envie de lui à ce moment là, j’avais envie d’un petit plaisir égoiste, donc j’ai du controler mes gémissements à ce moment là. C’est excitant.

Thomasfromparis : tu as peur d’être surprise ?
Roxy : non, pas vraiment. Mais j'ai surpris mon ami une fois. Sur le moment, je me suis sentie véxée, parrce que je me suis dit que je ne le satisfaisait pas, et que les représentations qu’il avait dans son fantasme masturbatoire ne me ressemblaient pas. Je pense que je n'avais pas suffisement de recul... Maintenant peu m'importerait, je viendrais le rejoindre !

Thomasfromparis : quellle place ont pour toi les sex toys ?
Roxy : Mon orgasme le plus rapide, c’est quand j’ai utilisé pour la première fois mon vibromasseur. En moins de deux minutes j'étais comblée ! C’est une sensation différente, le plaisir vient très rapidement, et il me semble que c’est plus bestial avec le vibro qu’avec mes doigts. Je ne suis pas en contact direct avec mon corps. Je ne sais pas comment dire… cet objet entre moi et moi me permet d’être un peu plus coquine, d’explorer mes sensations au travers d’un objet de transition. En revanche, je n’aime pas les godes. Je ne cherche pas la simulation d’un sexe d’homme, je cherche juste à avoir du plaisir, et pour ça, je préfère le vibromasseur.

Thomasfromparis : mais tu as découvert ça comment ?
Roxy : ho, c’est sans grand intérêt. Cet hiver, le magazine Jalouse faisait un numéro spécial sur les vibrations, tout ce qui vibrait. Il était vendu avec un vibro. Je l’ai acheté parceque je suis curieuse. En fait je ne le trouvais pas dans ma ville avec le vibro, alors j'ai profité d'un week end à Paris pour l’acheter ! Je ne l’ai même pas testé tout de suite, j’ai attendu d’être revenue de ce séjour – décevant - chez un de mes amants.
J'avais déjà recherché un vibro sur internet, un site que j'aime bien (yoba), mais je n'avais encore jamais osé commandé. Maintenant que je connais l'effet de ce genre de jouets, je crois que je vais investir dans un modèle efficace et élégant, mais plus tard, lorsque j'aurais un partenaire fixe, avec qui je pourrais partager plus de choses à ce sujet.

Thomasfromparis : qu’est ce qui peut t’inciter à te caresser, quels sont les images que tu invoques quand tu te fais jouir seule ?
Roxy : Je ne suis pas très livres, photos, films… J’ai déjà regardé quelques films X, c’était assez excitant, mais c’était toujours en couple ! Quand je suis seule, en général, je fantasme sur les hommes de mon entourage, des hommes que je connais et qui peuvent me faire envie, les maris des copines, des connaissances, des amants… Et je dois avouer que si mes gémissements ne m’excitent pas, par contre, le bruit de mes caresses est assez suggestif.

Thomasfromparis : pour finir, quels termes préfères tu employer pour désigner la chose ?
Roxy : J'aime dire que je me caresse, le terme de masturbation ne me dérange pas. Pour le reste je trouve ça plus masculin.

Thomasfromparis : et qu’as tu pensé de cet entretien, qu’est ce que ça t’a apporté ?
Roxy : Je te remercie de m’avoir permis de revenir sur ce sujet, d’y réfléchir de nouveau, et surtout de m’exprimer. Je suis heureuse d‘affirmer haut et fort que oui, c’est normal et naturel, oui, c’est bénéfique, et non, ce n’est pas une pratique de frustrée…

19 Commentaires 22.5.06 17:44, Commenter

témoignage de J

Témoignage de J, une jeune fille de 18 ans très claire et posée dans sa vision de la masturbation :

J a dix-huit ans et vit chez ses parents, dans la banlieue ouest de Paris. Elle est en prepa littéraire. Après une histoire de plus de deux ans, elle a été célibataire pendant un an, et a de nouveau un copain depuis peu. Elle considère avoir un “mode de vie très banal”. Elle s’habille de façon classique, même si elle fait attention à mettre un minimum son corps en valeur; elle a le contact plutôt facile, est très tactile, parfois un peu trop quand elle se sent intimidée et qu’elle cherche à le cacher. De son propre aveu, elle n’a jamais eu de soucis pour plaire.
Depuis sa rupture avec son ex, eu égard au comportement qu’il a eu vis-à-vis d’elle, elle est néanmoins devenue plus méfiante, moins provocante.

Thomasfromparis : tu as l’air plutôt à l’aise avec les hommes, et contente de ta sexualité en général. Qu’en est-il en ce qui concerne la masturbation ?
J : Mon copain me comble sur le plan sexuel, mais je me masturbe encore de temps en temps, deux ou trois fois par semaine environ. Au même titre qu’un garçon peut avoir envie de se masturber devant un film porno (sic), j’aime bien me caresser seule.

Thomasfromparis : le fait d’avoir connu une période de célibat, et d’être de nouveau en couple, ça change quelque chose en ce qui concerne la masturbation ?
J: Ce n’est pas et n’a jamais été par frustration ou par manque de partenaires que je me masturbe. Il fut un temps, à partir de 16 ans, en fait, où c’était quotidien – ça m’aidait (et ça m’aide toujours) à m’endormir – mais au début j’étais vierge, après non, parfois j’étais en couple et parfois non, ça n’a jamais rien changé à mes pratiques masturbatoires.

Thomasfromparis : tu en parles avec ton ami ? Et plus largement, quelle place joue la masturbation dans votre couple ?
J : Nous en parlons entre nous sans difficulté aucune (Ceci dit, il ne nous est encore jamais arrivé de le faire au téléphone….). Je pense que se masturber aide à s’épanouir sexuellement. Mon "expérience masturbatoire" m’a permis d’apprivoiser mon corps, et mon copain est bien le dernier à s’en plaindre. Est-ce que je fais la gueule quand il se masturbe ? Non. Alors pourquoi lui le ferait ? Je suis convaincue que l’épanouissement sexuel passe par une connaissance minimale de soi. En plus, se masturber est chargé de potentiel érotique :
… il se tient devant moi, ses yeux plantés dans mes yeux, et il est nu, sa peau ses muscles ses poils sa bouche et ses mains qui vont et viennent sur son sexe, il se caresse en me pénétrant du regard, je regarde son sexe, dans l’attente, affamée…
Bref, regarder l’autre se masturber, c’est aussi apprendre à lui donner du plaisir.

Thomasfromparis : là, tu parles de masturbation comme un acte sexuel en couple. Entre te masturber seule ou faire l’amour, quelles sont les différences ?
J : faire l’amour et se masturber sont, pour moi, deux choses très distinctes : d’un coté, il y a l’autre et son plaisir, qui sont aussi importants que moi et mon plaisir. Dans la masturbation, je suis seule et efficace. Je ne m’encombre de rien. J’ai remarqué que se masturber entretenait le désir, mais je persiste à penser que c’est incomparable. Mes doigts ne remplaceront jamais mon homme. J’ai tendance à penser qu’entre me masturber et faire l’amour, je préfère le deuxième. Plutôt. Hein. Curieusement. Même si maintenant, mon homme me caresse presque aussi bien que je le ferais moi-même.

Thomasfromparis : et socialement, vis à vis des tes amis, hommes ou femmes,, de ta famille, comment abordes tu la masturbation ?
J : Je n’en ai pas honte, mais je ne le revendique pas non plus : c’est à mon sens quelque chose d’intime dont il n’est pas nécessaire de parler, sauf pour faire évoluer les mentalités de certains arriérés qui pourraient penser que la masturbation féminine est l’apanage des playmates et des moches. Et j’en connais des comme ça, je t’assure. Entre copines, on l’évoque parfois, autour d’un café en parlant de nos misères sentimentales et sexuelles, mais en général c’est pour rire . Même si ce sujet ne me complexe absolument pas – et elles en sont conscientes – je sens toujours une certaine gêne chez elles. Je sais que beaucoup d’entre elles ont essayé et ne ressentent rien (c’est qu’elles n’ont pas assez bien essayé, à mon avis). Donc j’évite de leur en parler. Alors qu’en général, elles me parlent sans problème de leurs histoires de cul avec leur copain, ce que moi, je n’arrive pas à faire.

Thomasfromparis : ça reste un sujet tabou, donc, selon toi ?
J : à mon avis, ce n’est pas tabou pour tout le monde, c’est juste que ça relève de l’intime. Il y a beaucoup de gens qui pensent que la sexualité doit rester dans le cadre du couple, et ça ne veut pas dire pour autant que ce soit un sujet tabou. La masturbation, c’est pareil : sans doute la plupart des filles (dont moi) pensent-elles que la masturbation est une affaire entre elle et elle. Et leur mec, peut-être, mais c’est tout. Ce n’est pas pour ça qu’elles ne le font pas. Je suis infoutue de donner des chiffres, mais je pense que toutes les filles se sont déjà masturbées, consciemment ou non. Moins fréquemment que les hommes, sans doute, à cause de nos différences anatomiques : l’idée de se masturber doit venir plus facilement à l’esprit quand on a son sexe sous le nez. Les occasions pour une fille de découvrir les sensations de son sexe ne doivent pas être si nombrteuses que ça.

Thomasfromparis :justement, comment as tu découvert la masturbation, et comment cette pratique a évolué chez toi avec le temps ?
J : Je pense avoir commencé à me caresser en primaire, avec un « doudou » qui gardait mon odeur. Je n’ai pris conscience de ce que je faisais qu’au collège, en cinquième ou en quatrième, un jour, chez une amie, dans la baignoire (seule dans la baignoire, je précise), en me caressant avec le gel douche. j’ai ressenti du plaisir, mais c’était très flou, vraiment brouillon…Je ne savais rien de la masturbation à ce moment. J’ai eu ce que j’appellerais un mouvement de recul psychologique. J’ai réessayé plusieurs fois de me masturber dans ma baignoire, ensuite, mais n’y trouvais plus de plaisir. J’ai donc cessé de me masturber pendant un temps. J’ai recommencé en troisième, en introduisant des objets (tu ne sauras pas lesquels) ou mes doigts dans mon vagin ; j’explorais mon corps, je n’ai pas le souvenir d’avoir ressenti du plaisir. C’est avec mon ex que je l’ai redécouvert : nous nous caressions mutuellement, sans avoir de relations sexuelles, et je me suis aperçue que je pouvais avoir beaucoup de plaisir de cette manière. Dès lors, me masturber est immédiatement devenu une habitude quasi quotidienne. J’ajoute que je n’ai jamais eu d’orgasme avec lui. Mais il m’a appris à connaître mon corps et mes sensations.

Thomasfromparis : mais tu avais des orgasmes quand même en te masturbant ou il a fallu attendre ton partneaire actuel ?
J : En me masturbant, j’ai longtemps eu des orgasmes peu intenses que je n’interprétais pas comme tels. La réalité m’a éclaté au visage plus tard, alors que je me caressais, un soir, dans mon lit, toutes lumières éteintes ; là, raz-de-marée, d’un coup. Je ne me souviens pas des circonstances, mais ce soir-là, j’ai compris que c’était réellement des orgasmes que j’avais avant, mais pas aussi intenses. J’ai aussi compris que c’était ce dont on parlait dans les magazines.

Thomasfromparis : habituellement, tu te masturbes dans quelles conditions ?
J : Je me masturbe un peu comme le font la plupart des garçons, je pense : pour arriver à l’orgasme et point barre. À vue de nez, je dirais que ça me prend entre 3 minutes et une demie heure. Ça dépend : si l’envie m’en a prise alors que j’étais déjà dans mon lit, il me faut plus de temps pour m’exciter, et ressentir vraiment du plaisir. Si l’envie m’a prise avant, c’est sans doute qu’il y a eu un facteur déclencheur, et étant excitée, je n’en ai pas pour longtemps.
À part ça, je me masturbe en général dans mon lit, sous la couette, ou dans ma baignoire mais avec peu d’eau, sinon c’est désagréable (l’eau empêche mes doigts de glisser). J’aime être dans le noir ou je ferme les yeux. Non que la vue de mon corps me gêne, c’est simplement souvent avant de m’endormir (je suis plutôt du soir que du mati). Et c’est plus excitant d’imaginer que ma main n’est pas la mienne. Pour stimuler l’imagination, c’est mieux de ne pas être en prise directe avec le réel.
Thomasfromparis : et dans des situations plus inhabituelles ?
J : il n’y en a pas eu. Je me masturbe platement. Tant pis si ce n’est pas excitant, mais me masturber dans les endroits publics ne me fait pas fantasmer.

Thomasfromparis : techniquement parlant, comment te masturbes tu ? Les grandes lignes sont les même pour toutes les femmes, mais chaune à ses gestes bien à elle, non ?
J: je me caresse le clitoris avec l’index ou le majeur de la main droite alternativement. Jamais les deux en même temps, ni avec toute la main, je trouve ça très désagréable, ça m’assèche complètement. Je le lubrifie en passant mon doigt de temps à autre sur l’entrée du vagin. Je fais des mouvements de bas en haut, parfois circulaires, qui frottent à la fois sur le bouton et juste en dessous, là où se rejoignent les lèvres, en faisant varier la pression mais en ayant la main leste. Au début, je vais assez lentement, pour que tout glisse bien, puis un peu plus vite et un peu plus fort. Cela dit, pour donner un ordre d’idée, je suis déjà arrivée à l’orgasme en me caressant avec une plume. Un peu plus tôt, mon copain m’avait soufflé sur le sexe, et c’était très agréable. J’avais des plumes synthétiques, très douces et qui chatouillent quand on les passe sur la peau, et j’ai pensé que ça pouvait reproduire un peu cette sensation de légèreté que j’avais eu avec lui, alors j’ai essayé. Ca a bien marché, je dois dire, mais ce n’est pas rentré dans mes habitudes. Si je n’arrive pas à me lubrifier, je glisse un doigt dans mon vagin pour chercher de la cyprine, ça m’aide. Et, en général, je ne fais pas participer mon cul, même si pour m’exciter, je me caresse les fesses, les tétons et les hanches.

Thomasfromparis : comment se déroulent tes orgasmes ?
J : Autant je suis tout à fait silencieuse lorsque je le fais seule (à peine si ma respiration s’accélère), autant lorsque mon copain me le fait, ça me fait gémir. J’aime bien venir lentement ou frénétiquement, c’est selon mon humeur du jour.. En général, je m’endors après. Ça fait très "one shot boy", ceux qui se roulent sur le coté et qui se mettent à ronfler juste après l’amour, mais admettons… Du coup, j’ai très rarement eu plusieurs orgasmes à la suite. De toute façon, Je le fais très rarement plus de deux fois par jour, seulement si j’ai été excitée par quelque chose le matin, et si j’en ai envie le soir… Des broutilles de circonstances.

Thomasfromparis : tu utilises des sex toys quand tu te masturbes ?
J : Non. Je n’ai jamais eu de gode, ni même vu en vrai, et ça ne me fait pas franchement envie –sauf peut-être celui en forme de canard, que j’essaierais bien un jour, pour voir. Je me satisfais du plaisir que j’ai en ce moment. Ce n’est pas que je n’envisage pas d’avoir un gode, mais j’ai tendance à penser que des mains ou mon copain suffisent.

Thomasfromparis : À quoi tu penses quand tu te masturbes, qu’est ce qui t’excite dans ces moments là ?
J: concrétement, je ne m’excite ni en lisant des histoires érotiques, ni en matant des photos ou des vidéos. J’aime bien le porno, mais sans plus, je ne payerais jamais pour en voir, et souvent je trouve ça assez laid. Bon, occasionnellement, pour me mettre en condition rapidement, ça m’arrive. Pendant que je me caresse proprement dit, j’ai des pensées vulgaires. Je me traite de salope qui aime se poncer la chatte…Ça m’aide à m’exciter davantage. Parfois, je me remémore la dernière fois où j’ai fait l’amour avec mon copain, parfois ce que je pourrais lui faire la prochaine fois, mais souvent femme varie, il paraît.

Thomasfromparis : Pour finir sur une note légère, quels sont tes mots préférés pour désigner la chose ?
J : J’aime bien dire simplement me caresser, ou me masturber. Et globalement, je déteste tout le reste, se branler se doigter, se toucher, etc.

Thomasfromparis : Merci pour ton témoignage !

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Mise en scène

Julie, 35 ans aime être surprise. Une histoire tirée de Solotouch…donc je ne suis pas sûr qu’elle soit vraie. À vous de juger.

Etant célibataire, vous pouvez imagineer que je me masturbe très régulièrement. Ce n’est pas un problème, ça me plait, et en fait, je préfère presque ça au sexe à deux. Je crois que ce qui m’excite, c’est de faire quelque chose d’un peu honteux et que personne ne le sache.
Un soir, chez moi avec des amies, la discussion a dérivé vers le fait de se faire plaisir seule, et j’ai été la seule à admettre que je le faisais, et que j’aimais ça. Les menteuses… Quand l’une d’elles m’a demandé si elle pouvait rester dormir à la maison, l’idée m’a traversé de lui laisser entrevoir que j’appréciais vraiment me branler. Un peu excitée, j’ai accepté.
Il faut dire qu’avant de m’endormir, le soir, je suis souvent très excitée et je ne me préoccupe pas toujours de savoir si je peux être entendue en train de me masturber. Je suis sûre que la plupart de mes amies doivent avoir compris ce que je fais !
Cette nuit là, j’ai décidé d’aller plus loin. Mon invitée était installée dans la chambre d’amis. Quand elle s’est couchée, je me suis levée discrétement, et j’ai ouvert largement ma porte, tout en laissant la lumière éteinte. Je me suis réinstallée nue dans mon lit, sans couverures, les jambes écartées, et j’ai commencé à me caresser. Je me frottais doucement la chatte, je massais mon clito, puis j’ai glissé un doigt dans ma fente. J’étais déjà bien humide à l’idée de ce qui allait se passer, mais je me retenais d’aller trop vite pour ne pas jouir trop tôt. Tôt ou tard, elle se léverait pour aller aux toilettes et elle passerait devant ma chambre. Je voulais me garder jusque là.
Quand je l’ai entendu se lever, je m’y suis mise sérieusement, sans retenue. Le bassin jeté en avant, mes doigts entraient et sortaient de ma chatte sans retenue et bruyamment.
Elle s’était arrétée dans l’obscurité du couloir, juste au coin de ma porte. Je ne la voyais pas, mais je savais qu’elle était là, à me regarder. J’ai fait comme si je ne m’étais aperçu de rien. Je me retenais de gémir et de faire trop de bruit, comme si j’essayais d’être discrète et de me branler sans que personne ne le sache, mais j’étais juste suffisamment bruyante pour que, d’où elle était, elle entende clairement ce que je faisais.
D’une main, je me pinçais les tétons, de l’autre, je me doigtais avec détermination, appliquée. Ma motte était pleine de jus, et le clapotement de mes doigts dans ma mouille m’excitait à mort. Mon clito envoyait des ondes électriques dans tous le bas ventre, mes doigts me baisaient franchement, je n’ai pas pu résister, j’ai laissé échapper un petit gémissement.
J’étais sur le point de jouir. J’ai levé mes hanches au maximum, poussant le bassin à la rencontre de mes doigts au fond de mon sexe…. Hooo… Je ne savais pas si elle était encore là, mais j’étais bien au delà du point où je pouvais y prêter attention.
L’orgasme m’a foudroyée, le corps tout entier tendu, supendu en l’air pendant quelques secondes, puis je suis retombée, molle et sans force sur le matelas. Mon clito pulsait tellement que je ne pouvais plus le toucher… Quel orgasme !
Je l’ai alors entendue se glisser aux toilettes. Elle avait tout suivi… J’ai remonté les couvertures, en laissant quand même mes seins exposés, pour qu’elle y jette un coup d’œil en sortant. Je suis sûre qu’elle s’est elle-même branlée après ça cette nuit là, mais je ne crois pas qu’elle se soir rendu compte que j’avais planifié ma session pour qu’elle n’en perdre pas une miette. Le lendemain matin, on a pas évoqué le sujet, elle doit croire qu’elle m’a surprise sans que je m’en soit rendu compte.
Rien que me rappeler cette nuit me rend toute moite…je dois vous laisser…

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